Pour l'amour du piano : zoom sur Les Rêves d'amour de Liszt



Recueil de trois œuvres pour piano composé par Franz Liszt en 1850

Liebesträume (Rêves d 'amour) fait souvent référence au No. 3, la plus connue des trois pièces. Elles sont composées pour accompagner des poèmes de Ludwig Uhland et de Ferdinand Freiligrath. Dès leur publication, deux versions apparaissent, une pour voix et piano et une transcription pour piano solo.

Les deux poèmes d'Uhland et celui de Freiligrath décrivent trois différentes formes d'amour. L' Hohe Liebe (Amour exalté) de Uhland est un amour saint ou religieux : le martyre renonce à l'amour terrestre et les portes du paradis s'ouvrent pour lui. Le second évoque l'amour érotique, "Gestorben war ich" (littéralement j'étais mort) - Mort est ici une métaphore faisant référence à la petite mort ("J'étais mort de la volupté d'aimer; je gisais enterré dans ses bras; je fus réveillé par ses baisers; je vis le ciel dans ses yeux."). Le poème de Freiligrath, celui du fameux nocturne, parle de l'amour mature ("O lieb, so lang du lieben kannst", "Aime aussi longtemps que tu peux aimer").

Liszt était-il un bon professeur?
Liszt faisait étudier les fugues de Bach à ses élèves, notamment à Valérie Boissier, qui venait accompagnée de sa mère Caroline. Celle-ci, grâce aux notes prises pendant les leçons, fournit un témoignage précieux sur les cours de piano que donnait Franz Liszt au début des années 1830. L’ensemble de ces écrits révèle, par l’attitude du professeur ainsi décrite, de nouveaux aspects de la personnalité du musicien. Tout d’abord, comme pour lui-même, il s’attache à l’expression de l’âme dans le jeu de ses élèves. Ainsi, les notes de Mme Boissier mère décrivent par exemple Liszt lisant l’ode de Hugo à son élève avant de lui faire jouer une étude de Moscheles : il voulait lui faire comprendre par ce moyen l’esprit du morceau pour lequel il trouvait de l’analogie avec la poésie. Ensuite, par respect profond pour les grands Weber et Beethoven, il se refuse à jouer leurs œuvres en public (ne se trouvant pas encore digne d’elles) et les faire travailler à tout va à ses élèves. Selon Mme Boissier, « il s’humilie profondément devant Weber et Beethoven […] cependant, il les joue en brûlant son piano».